AFP - 10 juillet 2003 Un chanteur arrêté pour avoir demandé une amnistie pour des rebelles kurdes L'arrestation d'un chanteur kurde célèbre cette semaine, ....
accusé de propagande séparatiste pour avoir appelé à une amnistie générale pour des rebelles kurdes, risque de relancer le débat sur la liberté d'expression en Turquie.
Ferhat Tunc, connu pour son engagement politique en faveur de l'extrême gauche, a été interpellé mardi à Milas (ouest) après l'émission d'un mandat d'arrêt à son encontre par le procureur de Beyazit (est), où l'artiste s'était produit il y a 10 jours. Le chanteur kurde Ferhat Tunç Selon son avocat Erdinc Firat, le chanteur lors de ce concert avait réclamé une amnistie générale pour les anciens rebelles kurdes du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK, rebaptisé KADEK) pour "que la région retrouve la paix".
Alors que le gouvernement prépare une amnistie partielle pour les militants kurdes repentis, le parti démocratique du Peuple (DEHAP) vient de rendre publique une pétition pour la même cause qui a reçu plus de 500.000 signatures.
"La liberté d'expression est une nouvelle fois sous les verrous", a estimé l'Association turque des Droits de l'Homme (IHD)dans un communiqué qui rappelle que la Turquie ne se conforme toujours pas aux critères politiques européens, malgré sa candidature à l'Union Européenne (UE).
Le chanteur a été inculpé pour infraction à l'article 8 de la loi anti-terroriste, selon son avocat.
L'article 8 devait être révoqué dans le cadre de réformes adoptées par le Parlement à la veille du sommet européen de Thessalonique les 21 et 22 juin.
Mais le Président Ahmet Necdet Sezer a refusé de promulguer cet amendement, estimant qu'il risquait de "porter atteinte à l'ordre public", près de quatre ans après la fin d'une guérilla sépartiste kurde qui avait duré 15 ans et fait quelque 36.500 victimes.
Ferhat Tunc, accusé de soutien au PKK, sera jugé par une cour de Sûreté de l'Etat et risque plusieurs années de prison, aux termes de cette loi qui a servi à emprisonner des centaines de militants, armés ou non, ainsi que des défenseurs des Droits de l'Homme, des écrivains, artistes ou journalistes.
"Si défendre la paix est un crime, je suis prêt à passer 10 ans de ma vie en prison", a affirmé Ferhat Tunç, cité par son avocat qui venait de le rencontrer.
Kaynak: http://davidk33.free.fr/urgence-info.com/ferhattun%E7.htm
|